Dominique Pagani

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Entretien avec Dominique Pagani sur ISEGORIE

Voici l’entretien complet, paru d’abord dans une version plus courte dans Le Comptoir. On y trouve notamment un développement plus long sur l’écologie. Bonne lecture.

Dominique Pagani
L’année passée, quelques camarades ont eu l’occasion, avec notre participation, d’accueillir le philosophe Dominique Pagani et son éditeur Aymeric Monville, dans une conférence à Lausanne portant sur la pensée de Michel Clouscard – auteur marxiste français de la 2ème partie du XXème siècle, décédé en 2009, dont certaines des analyses sur la société contemporaine nous ont depuis longtemps parues dignes d’être écoutées et discutées. Proche collaborateur et ami de Michel Clouscard, Dominique Pagani est lui aussi un penseur dont les thèses et les réflexions sur notre monde moderne méritent la discussion, en ce qu’elles chamboulent bien des conceptions actuelles et notamment des conceptions prévalentes dans les rangs de la gauche radicale : sur l’écologie, le féminisme ou la société de consommation. C’est pourquoi nous avons voulu nous entretenir avec lui sur ces thématiques brûlantes : entretien que les confrères du blog le Comptoir ont eu la gentillesse de publier en partie. Voici donc l’entretien, tel que mené par cet humble blog iségorien, et ici reproduit dans sa totalité.

Lorsque la discussion aborde les questions d’écologie, vous aimez vous présenter comme « l’homme le plus anti-écolo d’Europe ».
Au-delà de ce qui semble être de la provocation, qu’est-ce qui vous dérange dans le mouvement écologiste actuel ?

On peut parler de provocation, au moins apéritive, si vous voulez, mais je vise plutôt à réveiller qu’à provoquer. Une petite précision pour commencer : je ne suis pas anti-écologie, je suis anti-écologiste, et la distinction est importante. Ma position est simple : je suis un ardent défenseur de l’environnement, je tiens à rassurer tous ceux qui y sont sincèrement attachés. Et d’ailleurs, entre nous soit dit, je n’ai jamais rencontré quelqu’un dont l’idéal était de vivre dans un environnement pollué, laid et dangereux. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui s’exténue à salir son chez soi, à y répandre de mauvaises odeurs ou des vapeurs nocives …jamais ! Préserver le meilleur environnement possible est une cause unanimiste. Seulement, l’environnement – et là je voudrais introduire un distinguo élémentaire au sens littéral, (au sens où cela devrait être enseigné à l’école élémentaire) – n’est pas la même chose que la nature.

« Ce qui menace les sociétés, ce sont les hommes et femmes bénéficiaires de l’exploitation des autres »

Dominique Pagani est un musicologue philosophe, spécialiste des pensées de Karl Marx, Hegel et Jean-Jacques Rousseau, notamment connu pour avoir été un des plus proches collaborateurs de Michel Clouscard. Il a récemment publié “Féminité et communauté chez Hegel” aux éditions Delga. Malgré des divergences, notamment sur la question écologique et la consommation, nous estimons que la pensée de Pagani gagnerait à être plus largement diffusée. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de publier cet entretien inédit.

Le Comptoir : Vous estimez que des penseurs comme Michel Foucault, Gilles Deleuze, ou encore Jacques Derrida représentent un anti-humaniste et un irrationalisme. Quels dangers percevez-vous dans la French Theory ?

Dominique Pagani : Je n’aime pas faire l’imprécateur. Ceux que vous citez n’ont cessé de le faire contre les trois cibles favorites de la post-modernité : l’humanisme, le progrès et l’universel. Je ne veux donc pas les diaboliser mais simplement faire des corrélations historiques. Leur pensée apparaît au moment où le Capital reprend les choses en main, autour des années 70, entre les “Trente Glorieuses” et les “Quarante Honteuses” ; soit au moment de récupérer le terrain perdu depuis la Libération et la victoire sur le nazisme. Ne me croyez pas sur parole, faites de la mesure comme les scientifiques : les deux grandes forces de l’échiquier politique français – gaullisme et communisme – déclinent à partir de 68, soit les deux grandes forces contre-atlantistes, du moins celles qui pesaient le plus à droite comme à gauche. Les deux s’affaiblissent donc après Cohn-Bendit et Deleuze… comme c’est curieux ! Non pas qu’il n’y ait pas d’excellentes raisons d’être anti-gaulliste – j’ai moi-même toujours voté contre les pouvoirs gaullistes à l’époque. Il y a aussi, parfois, d’excellentes raisons d’être anticommuniste – religieuses, personnelles, biographiques etc. Mais quand on est à la fois anti-gaulliste et anticommuniste, ça vous rappelle bien quelque chose, n’est-ce pas, historiquement ? Le pétainisme ! C’est curieux qu’on retrouve cette même cible à l’approche des années 70, c’est-à-dire au moment où commence le processus économique qui nous amène où nous en sommes, à la financiarisation de l’économie. Et, c’est maintenant qu’on le voit, à la lumière crue de la crise que nous traversons : on n’a plus aucune excuse comme lors des seventies pour l’omettre. Je ne veux pas faire le parano qui voit de la causalité partout, mais on pourrait au moins établir quelque indubitable corrélation : c’est dans les années 70, dont Mai-68 n’est qu’un prodrome, qu’apparaît l’économie financiarisée, contre l’investissement industriel, et que réapparaît le chômage de masse.

LE DEBAT : OUTIL D’ÉMANCIPATION DÉMOCRATIQUE OU LEURRE PARTICIPATIF ?

Écouter la version MP3

Bande-son du débat organisé à la Bellevilloise, le 2 avril 2016, avec, Dominique Pagani, philosophe et musicologue, Philippe Deschemin, écrivain et rédacteur en chef de l’Incontournable Magazine et Philippe Nassif, écrivain et journaliste pour Philosophie Magazine et Technikart.

Les échanges sont animés par Christophe Ramain, écrivain et journaliste au sein de la rédaction de L’incontournable Magazine.

Dans notre organisation sociale et politique, le débat occupe une place centrale. Il ponctue et rythme toutes les échéances électorales, et à certains égards, il semble être le garant d’une démocratie que de plus en plus de citoyens semblent considérer comme chimérique.

Dans une mise en abime philosophique, nous vous invitons à venir débattre ensemble… du débat !

Il sera donc question du débat : sa genèse et de ce qu’il est devenu aujourd’hui, de sa transformation, de fond, forme et de sa pertinence.

Est-ce un outil d’émancipation, un moyen pour une fin : l’avènement de la démocratie véritable ?

Est-ce un leurre participatif, une mascarade où s’agite l’illusion du peuple souverain dans un monde ou le champ du possible semble se restreindre ?

Rencontre entre Dominique Pagani et Bernard Friot

« Le déjà-là communiste et son actualisation
dans les mobilisations actuelles »

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Travail, droit au travail, de Marx et Hegel aux conflits des cheminots avec Dominique PAGANI

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Travail, droit au travail, de Marx et Hegel aux conflits des cheminots avec Dominique PAGANI. Une conférence du Café d’histoire critique et d’études marxistes.

Au bistrot avec Pagani (introduction)

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En attendant la vidéo du dernier atelier de la saison, voici un long entretien, dans un autre genre que la conférence : Au bistrot avec Pagani.

Au bistrot avec Pagani (1ère partie)

où il est question de Rousseau, Nerval, Wagner, de l’Afrique, de la musique et de quelques autres sujets d’actualité.

25 juin 2016

Au bistrot avec Pagani
(2ème partie)