Dominique Pagani

Ateliers de philosophie

Spirale d'Archimède

Séance confinitude #4

Les attelés de la confinitude

avril 2020 - Rendez-vous Live FACEBOOK

Séance confinitude #4

Cinquième rendez-vous FACEBOOK LIVE du 11 avril 2020.

Réponses aux questions de la séance #4

3m

Question de Medi :
« N'y a t'il pas un héritage romantique progressiste et un héritage romantique réactionnaire correspondant au tournant irrationnaliste de la bourgeoisie que le Luckac de la destrcution de la raison voit bien... »

Ambivalence du romantisme (pas l'ambiguïté) : le sujet est contradictoire

Référence Georges Lukács / La destruction de la Raison

destruction de la Raison : Dès Schelling jusqu'à Heidegger


12m

La convergeance des Luths  - l'armée des romantiques Rémy Cardinal
La musique classique rien que pour les riches ?


13m 50s

Le réactionnaire est un conservateur qui a eu peur... et il devient méchant.

Les hommes sont pour la plupart méchants et malheureux

Spinoza

Méchants parce que malheureux


16m

Tous les hommes désirent naturellement savoir

Aristote

NON !

Si on cherche à savoir c'est que l'on s'est pris un coup sur la tête.
La philosophie est toujours fille de la crise. Quand tout est parfait on ne se pose pas de question.

 


20m

Tous les points de vues philosophiques se rapporent à un des trois suivants :

  • Thèse : la nature fait l'Homme
  • l'Antithèse : la surnature (Dieu) fait l'Homme
  • la synthèse : c'est l'Homme qui fait l'Homme.

Le point de vue anthropologique.

Le point commun à la thèse et l'antithèse est que l'essentiel est déja là, est antérieur au sujet.
Pour le point de vue anthropologique, ce qui compte est le devenir, le résultat.


29m 40s

Théologie de la Libération en Amérique Latin :

Dieu existe ? Ce n'est pas la question. Dieu existe chaque fois que nous étendons le domaine de la liberté, Dieu entre un peu plus dans l'existence. Dieu comme résultat de l'Histoire, pas comme origine.

« La volonté de Dieu, asile de l'ignorance »

Spinoza

 


31m

Nos certitudes s'écroulent dans la modernité au profit de la Vérité.
Grégory Protche - lecture de Faulkner


34m 12s

Tout savoir implique des désagréments, un non savoir absolu dans l'inconscient se tient tapi, en nous, pour résister à la progression du savoir. Notre ennemi est intérieur à nous-même mais il n'y a rien de coupable dans ces résistances.

Réactionnaire : quand tout une partie de la société n'a pas intérêt à ce que l'autre accéder au savoir absolu.


36m

La masse critique : quand deux facteurs se rejoignent (métaphore de la sécurité d'une centrale nucléaire qui tient séparés deux élémnts qui une fois mélangés provoque l'explosion).

Ce que la classe dominante maintient fermement séparé, c'est le savoir absolu avec un très grand nombre de personnes.

Si on enseigne dans les écoles que :

« Les asiatiques savaient qu'un seul était libre, les grecques savaient que quelques uns sont libres, les modernes savent que tous sont libre »

Hegel (les "asiatiques" au sens historique).

...alors le pouvoir est foutu.

Références

  • Hegel/

38m 5s

Le contrat social critique le droit du plus fort non pour dire que c'est injuste mais parce que les sociétés humaines ne peuvent se fonder sur la loi du plus fort mais sur un contrat. La notion de force est propre à la nature.

Le plus fort n'est jamais ASSEZ fort pour être TOUJOURS le plus maître s'il ne converti sa force en droit et l'obéissance en devoir.

Rousseau/ Contrat Social.

Si le droit gouverne et non l'arbitraire de la force, alors il est un devoir d'obéir... parce que j'obéi à moi-même.

Tel est la problématique de la modernité. Le pouvoir ne peut laisser faire ça. Il veut un minimum de scientificité à son service, il a donc intérêt à un non savoir.

 

 

 

Références

  • Rousseau/ Le contrat social

42m 30s

Nietzsche / Par delà le Bien et le Mal / Chapitre premier. Les préjugés des philosophes

La volonté du vrai, qui nous égarera encore dans bien des aventures, cette fameuse véracité dont jusqu’à présent tous les philosophes ont parlé avec vénération, que de problèmes cette volonté du vrai n’a-t-elle pas déjà soulevés pour nous ? Que de problèmes singuliers, graves et dignes d’être posés ! C’est toute une histoire — et, malgré sa longueur il semble qu’elle vient seulement de commencer.

 Nietzsche a bien conscience que la modernité se distingue de ce qu'il y avait avant.

 


44m 30s

Quoi d’étonnant, si nous finissons par devenir méfiants, si nous perdons patience, si nous nous retournons impatients ? Si ce Sphinx nous a appris à poser des questions, à nous aussi ? Qui est-ce au juste qui vient ici nous questionner ? Quelle partie de nous-mêmes tend « à la vérité » ? — De fait, nous nous sommes longtemps arrêtés devant cette question : la raison de cette volonté, — jusqu’à ce que nous ayons fini par demeurer en suspens devant une question plus fondamentale encore. Nous nous sommes alors demandé quelle était la valeur de cette volonté. En admettant que nous désirions la vérité : pourquoi ne préférerions-nous pas la non-vérité ? Et l’incertitude ?  Et même l’ignorance ? — Le problème de la valeur du vrai s’est présenté à nous, — ou bien est-ce nous qui nous sommes présentés à ce problème ?Qui de nous ici est Œdipe ? Qui le Sphinx ? C’est, comme il semble, un véritable rendez-vous de problèmes et de questions. — Et, le croirait-on ? il me semble, en fin de compte, que le problème n’a jamais été posé jusqu’ici, que nous avons été les premiers à l’apercevoir, à l’envisager, à avoir le courage de le traiter. Car il y a des risques à courir, et peut-être n’en est-il pas de plus grands.

 Nietzsche pose ici 3 questions :

  • Quest-ce-que la Vérité ?
  • Quest-ce-qui en nous cherche à connaître la Vérité ?
  • Qu'elle est la valeur de la Vérité ? Est-ce-que ça vaut le coup ? Le non-savoir absolu ne vaut'il pas mieux que le savoir absolu ? Mieux en VALEUR, pas en vérité.

50m

« Le Roi Œdipe a un oeil en trop sans doute »

 Holderlïn

L'homme moderne est celui qui a un oeil en trop, qui en sait trop.

Références

  • Holderlïn/

52m

Pourquoi pas le non-vrai ?

Le propre de la modernité c'est de détester la modernité.

Si le romantisme est la première expression de la modernité alors le romantisme est de se détester, de s'évader du mal du siècle.

 


54m

Je crois que bien des précautions s’imposent contre la musique allemande.

La musique allemande commence à règner au moment de la cassure avec Beethoven, la révolution Française (Beethoven Holderin, Bonaparte... tous avaient 20 ans à la prise de la Bastille).

En admettant que quelqu’un aime le midi comme je l’aime, comme une grande école de guérison de l’esprit et des sens, comme une excessive abondance de soleil

On passe à la Grèce, modèle de tout classissisme. Ce n'est pas un problème de vrai ou de faux, c'est que cela fait du bien à l'âme alors que le romantisme fait mal, comme le savoir absolu.

qui jetterait ses rayons transfigurés sur une existence orgueilleuse pleine de foi en elle-même : eh bien ! celui-là apprendra à se mettre quelque peu en garde contre la musique allemande, puisqu’en lui gâtant de nouveau le goût, elle lui gâte en même temps la santé. Un tel homme du midi, non d’origine mais de foi, devra, s'il rêve de l’avenir de la musique, rêver aussi qu'elle s'affranchit du nord. Il faudra qu’il ait dans ses oreilles le prélude d’une musique plus profonde, plus puissante, peut-être plus méchante et plus mystérieuse, d’une musique supra-allemande qui, à l’aspect de la mer bleue et voluptueuse et de la clarté du ciel méditerranéen ne s’évanouira, ne pâlira et ne se ternira point, comme le fait toute musique allemande, d’une musique supra-européenne qui gardera son droit, même devant les bruns couchers de soleil dans les déserts, dont l’âme sera parente aux palmiers et qui saurait demeurer et se mouvoir parmi les grands fauves, beaux et solitaires. — Je pourrais me figurer une musique dont le charme singulier consisterait pour elle à ne rien savoir ni du bien ni du mal. De temps en temps seulement passerait peut-être sur elle une nostalgie de matelot, des ombres dorées et de molles faiblesses : ce serait un art qui verrait fuir vers lui, venues des grands lointains, les mille teintes du couchant d’un monde moral devenu presque incompréhensible et qui serait assez hospitalier et assez profond pour recevoir ces fugitifs attardés.

Nietzsche / Par delà le Bien et le Mal / paragraphe 255