Dominique Pagani

Ateliers de philosophie

Spirale d'Archimède

Seance #3.1

L'odyssée du philosophe ->D'Ulysse à Dédale

novembre 2016 - centre Goscinny, Paris

Seance #3.1

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0m

Alors pour ce qui est du changement de titre, c'est pas le fait que "crises et guerres" ai perdu son actualité tant s'en faut, je suis né en 1945 donc à la fin d'un carnage qui était pas bénin et je vous dis ça pas pour raconter ma vie mais pour dire ce que j'ai vécu et ne serait ce que d'un point de vue purement subjectif et personnel qui est le mien, mon laboratoire singulier, j'ai jamais vu autant de danger de guerre depuis que je suis né.

Je l'ai déjà dit je veux pas le répéter je ne bouffe pas de l'américain pour bouffer l'américain, c'est un thème de droite contrairement à ce qu'ont croit, un vieux thème de droite : "c'est un peu voyou ça manque de classe". La droite anglaise au début du siècle passait son temps à critiquer le monde américain, dans le Portrait de Dorian Gray, un chef-d'oeuvre, d'Oscar Wilde, un chef-d'oeuvre assez réactionnaire, assez décadent, superbe, qui a toujours.

Références

  • Wilde (Oscar)/ Portrait de Dorian Gray

3m 49s

Mais il y a quelque chose qui m'a un petit peu peut fasciné et je vais vous expliquer les raisons qui m'ont amené à m'orienter sur ces deux figures mythiques mythologiques, d'Ulysse et de Dédale.

Je les emprunte à notre mythologie, nous sommes pas des grecs, mais voilà c'est notre mythologie occidentale, on pourra revenir là dessus. Vous savez ce que c'est qu'un grec, c'est le contraire d'un allemand, c'est pas moi qui parle mais un allemand, je ne sais pas si je vous ai raconté cette anecdote l'année dernière mais le poète Hölderlin, son dernier voyage avant de sombrer dans la folie, je ne parle pas officiellement, je ne suis pas clinicien, je sais pas s'il était fou pour de bon.

Références

  • Heideger/
  • Holerlïn/ Andenken

8m 20s

Donc j'emprunte à ce fond dont je viens de résumer qu'il ne faut pas le singulariser d'une manière ethnique, je dis ça parce que notre époque est tellement identitaire que je me méfie n'est ce pas, je ferais un cours à Bamako, je m'appuierai pas sur Homère, je m'appuierai sur l'épopée Mandingue et certains d'entres vous connaissent peut-être ? Vous n'avez pas entendu parler de l'épopée Mandingue ? je vous recommande surtout rue des Écoles il y a la librairie Présence Africaine où vous trouverez l'épopée Mandingue transcrite, parce qu'elle a été orale pendant longtemps, par tout les griots d'Afrique de l'ouest, même si elle était centrée linguistiquement sur le Mali.

Références

  • Gilgamesh/
  • Soundiata Keïta/

12m 22s

Je vous cite juste un extrait de l'introduction de l'épopée Mandingue, comme Homère commence en introduction par l'invocation à la muse n'est ce pas, avant d'en venir aux exploits d'Ulysse, de la même manière les griots, aèdes, bardes, tout ça c'est la même fonction, c'est la poésie, qui a été pendant des milliers d'années quand je dis des milliers, ce sont des dizaines de milliers d'années, a été orale avant d'être, bien avant d'être, écrite.

Je fais une parenthèse fascinante, du point de vue logique, strictement logique, regardez bien. Le genre littéraire par excellence, la poésie. Les genres : le théatre, le roman, le genre littéraire par excellence irréductiblement littéraire c'est la poésie, au point que le théâtre racinien est un moment de la poésie dramatique par exemple. Dans le "Lys dans la vallée" de Balzac, un romancier qui n'est pas le plus poétique de nos écrivains, dit qu'il s'est offert une gorgée de lyrisme poétique, comme Flaubert a fait dans Salammbô. Bref il est fascinant de constater que le genre littéraire par excellence, la poésie, et je fais une dernière petite apposition : le cercle de Prague pour ceux qui veulent de la rigueur, la grande école linguistique, Jakobson du cercle de Prague, a posé d'une manière définitive par rapport à la linguistique contemporaine, qu'il avait dans le langage en général, dans toutes les langues humaines une fonction et c'est ce qui le distingue d'ailleurs des modes de communication, soit des abeilles, soit des langues entièrement formalisées comme les langues mathématiques, il y a dans le langage une fonction poétique. Quand on dit "le jour se lève" on est dans la métaphore.

Je pourrais multiplier les exemples comme ça, on fait toujours de la poésie sans le savoir dès qu'on utilise le langage courant. On est toujours dans un sens figuré, le sens propre quand on regarde de près c'est encore une figuration. Je m'attarde pas on aura l'occasion d'y revenir.

Références

  • Le cercle de Prague/
  • Le lys dans la vallée/ Balzac
  • Salammbô/ Flaubert

14m 22s

Pourquoi je dis tout ça ? parce que c'est ça qui est fascinant mais maintenant je finis ma phrase : le genre littéraire par excellence a commencé par être oral, alors que litera veut dire lettre ! voyez la contradiction, le paradoxe je ne le résout pas mais je le pose. C'est fascinant quand même, le genre le plus littéraire n'a pas été écrit n'a pas été exprimée sous forme de litera pendant des milliers d'années avant d'être transcrit.

Je reviens à l'épopée Mandingue. L'invocation commence comme ceci :

"je suis griot je m'appelle Jali Mamadou Kouyaté, [Kouyaté an Afrique de l'ouest on sait que ça veut dire griots, parce que c'est les noms sont presque par profession là bas] Jeli Mamadou Kouyaté, fils de griot, fils de Bintou et Djelidian Kouyaté eux-mêmes griots de père en fils.
Nous sommes les sacs à paroles [c'est joli comme expression] nous connaissons la généalogie des rois, nous connaissons le nom des douze tribus du Mindingue, sans nous les noms des rois tomberaient dans l'oubli." (...)

je me rappelle pas le dernier vers, mais je tiens à cette introduction, parce que "sans nous les noms des rois tomberaient dans l'oubli" ça veut que le poète, qui malgré son effacement, le griot, exprime sa supériorité sur les rois. Ce qui reste des rois c'est ce qu'en disent les poètes.

C'est l'Afrique, c'est loin, j'illustre, j'emprunte au fond l'universel. Je ne veux pas parler de la Grèce comme Heidegger ou Nietzsche en parlent, pour "se jouer Apollon du belvédère". C'est toujours les mêmes histoires qu'on raconte quand on regarde de près.


16m 24s

Je dis ça parce que j'ai terminé nos discussions l'année dernière sur le triangle maudit de la pensée post-moderne et contemporaine dominante. Le discours dominant s'acharne en permanence sur un triangle dont les trois sommets sont l'Homme, l'Universel et le Progrès, les trois notions les plus ringardes d'après la pensée dominante.

J'avais cité Foucault, je le cite sans parler dans son dos, Foucault qui dit que l'Homme est une création récente et nous  sommes appelés forte heureusement à nous en débarrasser bientôt. Althusser, son collègue expert en marxisme paraît-il, en marxitude en tout cas, a consacré des développements célèbres destinés à prouver que le marxisme n'est pas un humanisme.

Qu'il y ait des humanismes crapuleux, à commencer par celui qui bombarde les deux tiers de la terre au nom des droits de l'homme, je suis bien d'accord, je veux dire, de là à jeter le bébé avec l'eau du bain, c'est encore une autre histoire. Et enfin quoi l'Homme, l'Universel et le Progrès, c'est ça, voilà les trois sommets du triangle je n'oublie pas. Et c'est pour ça que j'insiste sur ici sur le fait que j'emprunte notre mythologie à la Grèce parce que pour nous, Ulysse, vous voyez de quoi il s'agit en gros, on a comme des références, des images, certains ont même des récits plus ou moins développés, jamais tous car il y a une infinité de variantes, déjà à l'époque, enfin on a tous le pitch comme on dit maintenant, la trame, l'intrigue etc... donc c'est quand même plus pratique enfin. Encore une fois vous voyez si j'avais la même causerie à faire aujourd'hui philosophique à Bamako j'emprunterais mon introduction à la mythologie Mandingue. Dans la mythologie Mandingue le forgeron joue un rôle décisif, exactement comme dans le ring de Wagner qui est pourtant germanique. Ils ne se sont pas donnés le mot !

Références

  • Althusser/
  • Foucault/
  • Wagner/

18m 32s

Je tenais à faire un développement sur le fait que la Grèce est ici un cas particulier d'universel concret je ne parle pas d'universel abstrait. Alors qu'est-ce-qui m'a amené avec le fond mythologie que vous connaissez, que nous connaissons tous plus ou moins, qu'est-ce-qui m'a mené à cette histoire à ce sous-titre "Ulysse et Dédale", répétition d'un côté et libération de l'autre ?

Ça je n'ai pas lu dans des bouquins, c'est pour ça que j'avais envie de partager ça avec vous parce que ça m'a rendu perplexe, le fait qu'on ne l'est pas remarqué alors que franchement, je veux dire, ce sont les ouvrages les plus commentés de toute notre culture, notre culture européenne, pour ne pas répéter occidental c'est le plus ancien, ça fait 2000 ans qu'on commente l'Iliade et l'Odyssée, on devrait avoir tout dit avoir tout vu eh ben non ! Il y a quand même, c'est curieux, et beaucoup de choses ont été dites et j'admire l'érudition de ceux qui sont spécialistes de la question, je ne dit pas ça ironiquement tant s'en faut, pas seulement les historiens mais les linguistes, les comparatiste etc


19m 49s

Mais ce qui m'a frappé dans le cas d'Ulysse et à propos de répétition, je vous le dis tout de suite pour simplifier, pour pas qu'on se perdre dans les détails après je vais expliciter. C'est le retour du carnage.

On n'est pas loin de l'histoire de la guerre finalement, on s'éloigne pas tellement. Si on découpe le récit de l'Odyssée, je me base uniquement sur ce que vous savez, sur ce que nous savons tous, quitte à rafraîchir quelques souvenirs. Comment ça commence ? on n'en parle pas parce que c'est sensé se passer avant dans l'Iliade, mais si Ulysse s'embarque, c'est que la guerre de Troie est finie. oui ou non ? Comment s'est-elle finie ? par la victoire de qui ? des grecs ou des troyens ? Des grecs merci tout cela par les grecs. Grecs, troyens, on ne sais pas très bien que ça désignent ces mots là encore à l'époque.

Une parenthèse, parenthèse amazonienne, que j'ai trouvé dans Levy-Strauss, ça me fait trop rire, Levy-Strauss rapporte des mythes qu'il a enregistrés, donc des récits d'indiens Borroro du Mato Grosso brésilien, et dans leur mythologie, il y en a une qui, une série de mythes consacrés à l'origine du feu, il y en a une qui commence comme ça : c'est les indiens qui racontent :

"un jour le cerf rencontra le jaguar, sans s'en douter d'ailleurs car à cette époque tous les animaux avaient forme humaine".

C'est pas mignon ça ? Ça désigne quoi ?, c'est pas évident ! vous voyez tout de suite un cerf et un jaguar, c'est la proie et son prédateur. En fait se sont des hommes ! Et je prolonge avec le chauffeur que j'avais au Niger, Joseph, un peu filou mais très fiable, Joseph, chauffeur, c'est comme les barbiers faut faire attention. Bref il me disait "Dans mon village il y a des hippopotames, il y a des crocodiles". "Évidemment ta mère est née au bord du fleuve du Niger". "Non c'est pas ça je dis, les hippopotames, c'est des hommes comme vous et moi mais vous pouvez pas les voir". Là encore je parle du Brésil de l'Afrique, ça a l'air d'être éloigné, même quand on regarde un peu les cartes géographiques on comprend la théorie de la dérive des continents, ça s'emboîte bien le Brésil à l'Afrique, passons, et bien "mais à quoi tu reconnais toi que c'est des caïmans ?" parce que les caïmans, ils ont une scarification derrière l'oreille droite". Pour lui c'est précis, pour lui ce sont des crocodiles, n'ont pas qu'ils leurs ressemblent ou qu'ils les symbolisent, ce sont des crocodiles qui le soir, reprennent leurs écailles. Donc c'est pareil pour les grecs et les troyens, les deux cultures ont les mêmes dieux, les mêmes divinité, il n'y a pas 36 choses.

Références

  • Levy-Strauss/

26m 22s

J'avais terminé nos considérations de l'année dernière sur une allusion à la pulsion de répétition chez Freud pour ceux qui s'en rappellent, je m'attarde pas pour l'instant sinon juste pour schématiser pour ceux qui n'étaient pas là, nous sommes là dans le dernier Freud, celui qui vient adjoindre au concept qu'il avait déjà élaboré en toute originalité, je suis ni pour ni contre Freud, c'est pas la question, je regarde la cohérence, une modélisation.

Et pour l'instant, il lui manquait quelque chose qui vienne parfaire l'ensemble de sa théorie mais en la prennant à contre-pied complètement parce que jusque là, c'était le principe de plaisir, la libido si vous préférez, qui était un peu un principe explicatif, le plus récurrent chez Freud. Et voilà que tout d'un coup il découvre qu'il y a plus fort, plus compulsif que toute pulsion, la pulsion de mort.

Oui vous voyez que l'on est pas loin de notre sujet, du carnage, et il le découvre sous la forme d'un principe de répétition. Pour lui, le principe de répétition et la pulsion de mort sont identiques. Je vais vous dire, je vous dis très rapidement son axiomatique, même s'il n'emploi pas ce mot , ce n'est pas un matéhmaticien, mais enfin. Axiome de départ, que Freud aurait validé car c'est un homme de sciences, il a une formation en biologie, en physiologie, il est médecin, il n'est pas philosophe ou métaphysicien, il lui est arrivé, il le dit lui même, de sortir du champ scientifique, de faire des spéculations, il le signale très honnêtement, il prévient quand c'est plus scientifique, quand ça ne relève plus de l'observation mais que c'est spéculatif, sa formation, celle du positif du 19ème siècle, des sciences dures, cognitives, comme on dirait aujourd'hui.

En tout cas, c'est intéressant de voir que l'axiome qu'il prend au départ c'est que la matière inerte a précédée la matière vivante, à peu près toute la communauté scientifique est d'accord. La matière inerte, il y a eu des galaxies, des atomes, de l'ammoniac et de l'hydrogène avant qu'il ait eu des amibes à fortiori des mamifères et des hommes, bien avant, des milliards d'années avant. À partir du moment où on admet ça tout se déroule avec une implacable logique, à savoir : toute pulsion, alors on passe au monde vivant, toute pulsion consiste à restaurer un état antérieur. Quand un lion dévore une gazelle c'est pour revenir à l'état de satiété qu'il avait avant qu'il ait faim et qu'il recommence à se mettre en chasse, pour simplifier à l'extrême. Dans toute pulsion s'accomplit dans la disparition de la question, ce qu'on appelle la satisfaction. Je ne parle pas du désir chez l'homme qui est un désir infini qui n'est jamais satisfait.

Pour l'instant j'en reste à la partie animale car nous en avons aussi, quand on a soif il faut de l'eau, sinon si on continue à boire alors qu'on a plus soif, ça devient une insulte, une des favorites du capitaine Haddock "boit sans soif ! ". Bon du coup se révèle que quand on a soif, la première gorgée est la meilleure, la deuxième est pas mal puis plus nombreuses, plus ça décline. La pulsion s'éteint et Freud dit qu'elle revient à l'inertie de départ. Oui la matière inerte précède la matière vivante et toute pulsion consiste à se supprimer comme vivant, revenir à la mort, à l'inertie à l'absence de pulsions, et les lions le savent bien croyez un vieil

Références

  • Freud/

32m 41s

Il reste pas un long temps en dehors de l'inertie, c'est sérieux ce que dit Freud; fruits qu il ya un retour Donc voilà son l'axiomatique : la matière inerte a précédée la matière vivante. Allez je condense le propos : toute pulsion consiste à ramener un état antérieur, qu'est-ce-qui est antérieur à tout ? la mort, la matière inerte, donc derrière toute pulsion, il y a, complètement inconsciemment, même plus inconsciemment que tout inconscient, d'après Freud. Parenthèse, pour nous marxistes, pour ceux qui le sont, nous savons qu'il y a encore quelque chose de plus inconscient : l'inconscient de classe. Ce que l'immense Clouscard appelle l'inconscient de l'inconscient. il y a une présentation demain de la pensée de Clouscard à la Sorbonne dans l'amphithéâtre Lefebvre par Eymeric Monville qui est un des responsables des éditions Delga, je vous le signale à 14. comme ça n'arrive pas souvent je le signale. Donc mais sinon quand même, la pulsion de mort, Dieu sait si elle est enfouie. Le brave Ulysse n'a aucune idée, n'était pas conscience de cette pulsion de répétition. Il n'a qu'une envie pour lui tout ce qui est conscient, c'est de pouvoir écourter ce périple et retrouver Pénélope et Itaque le plus vite possible, ce ne serait pas tout de même pas mal. Avant de revenir à Ulysse je termine mon axiomatique freudienne. Donc au fond de toute pulsion, il y aurait cette pulsion de mort, la répétition étant la forme de l'inertie dans le vivant.


34m 25s

Comme c'est un retour du même par définition la répétition, en terme purement logique, c'est le retour du même. En musique l'équivalent celle isométrie, la métrique régulière celle qu'on peut scander en faisant comme ça et qui règne d'une manière tyrannique sur la musique ,je recommence mon couplet, depuis 60 ans maintenant. Les jeunes et les vieux qui consomment la musique baroque c'est la même métrique, je l'appelle barock b.a.r.o.c.k. À notre époque, cette consommation musicale, c'est venu en même temps, le retour de la musique baroque EN classique et le rock, c'est marrant quand même, à la fin des années 50, étrange. Au moment où commence la guerre froide.


35m 19s

Donc au fond de toute pulsion, il y a la mort qui est l'extinction de toute pulsion ça veut dire que l'objet de tout désir en dernière instance c'est "das end", je peux pas m'empêcher de le dire en allemand comme dit Wotan dans la tétralogie de Wagner. Il ne le dit qu'à sa fille en catimini, à sa fille préférée la walkyrie c'est là qu'il dit: "je te parle à moi quand je parle à toi".


35m 43s

C'est un peu le même rapport qu'entre Œdipe et Ismène, vous savez quand le vieil Œdipe est aveugle, dans la suite de Œdipe ROI quand il s'est arraché les yeux qui ne lui ont servi à rien pour trouver la vérité. C'est bien la mythologie ! Le seul qui voit la vérité dans Œdipe ROI c'est celui qui est aveugle, Tirésias, le mendiant, le prophète, qui dit à OEdipe ce qui va lui arriver. Œdipe il a l'oeil partout pour chercher le coupable mais cela ne lui a servi à rien. Bref dans la suite dans Œdipe à Colone .... je ne me rappelle plus, je ne peux le dire par coeur, bref il est condamné à la pire condamnation pour les grecs, c'est de hérer de cité en cité, les grecs sont pas des écolos c'est le contraire on s'évade de la nature pour être en ville. Rien de pire pour les grecs que la nature. L'apeiron comme dit Anaximandre au pré-socratiques, l'indéfini, l'indéterminé. C'est pour ça qu'ils sont souvent anti-féminin, pas antiféministe c'est anachronique, il se méfie de tout ce qui est féminin les grecs, certaines disent même que ça expliquerait en partie de la vogue homosexuelle à l'époque classique. C'est parce que dans le partage des tâches dans la société traditionnelle, la femme est dans les fonctions dites naturelles n'est ce pas, la reproduction, ça c'est pas un culturel que je sache, la nourriture. Pour moi il n'y a rien de naturel dans tout ça mais enfin à l'origine quand la femme à l'origine, à l'époque préhistorique, quand la femme était enceinte enceinte de 7 à 8 mois, elle ne pouvait pas suivre les hommes qui partaient à la chasse au mammouth ou ou tigre à dents de sabre et donc elle restait progressivement, elle était liée à l'allaitement des enfants bref donc pour les grecs la femme est plus près de la nature que les hommes, donc ça sent le roussi !


37m 35s

La nature c'est qu'on ne peut pas dominer, c'est ce qui n'est pas le droit, c'est pas le Parthénon, vous voyez l'indéterminé ? Baudelaire qui est un néo-classique dans sa jeunesse puisqu'il est parnassien tout ça est lié aux grecs, la répétition. On retrouve les grecs à la Renaissance, vous savez ça, vous connaissez tous à la Renaissance on cesse d'être romantique chrétien médiéval pour devenir classique, néoclassique grecque, et comme ça chemine bientôt vers la culmination du classicisme français qui était 17e siècle, ça comment au 16ème siècle à la Renaissance. Puis après on l'oubli, c'est le romantique et paf ça revient avec le Parnasse, la répétition. Eaprès on s'est bousculé par le symbolisme après Baudelaire qui était un espèce d'hyper- romantisme et paf ! ça revient avec le néoclassicisme de Gide dans le roman et de Valery en poésie, qui est culbuté à son tour par l'hyper-romantisme qu'est le surréalisme, vous voyez la répétition, j'y reviendrai. L'art et la littérature moderne ne font que faire une rotation depuis la révolution française.


38m 39s

Faites-moi penser si j'oublie les rumeurs car je suis là dans la répétition mais du carnage donc je me Je me suis interrompu sur Wotan et sa fille, Wotan le Zeus allemand, c'est le dieu grec transporté en allemagne, c'est toujours la même histoire, ce n'est le dieu chrétien, aucun rapport, ce n'est le Dieu tout puissant, il a des soucis Wotan, sa femme qui lui fait des scènes de ménage tout le temps, parce que comme Zeus il courtise les mortelles, les dieux s'ennuient donc ils viennent chercher nos femmes. Ils viennent chez ceux qui connaissent la pulsion de mort car eux sont immortels ils ne connaissent pas ça, ça leur manque. Jevous avais cité la magnifique chute d'un des plus beaux poèmes de Holderlïn "car ils ne peuvent pas tout les dieux, les mortels avant eux atteignent l'abîme, ainsi avec eux [avec vous moi] l'écho change". Là il n'y a plus de répétition avec l'homme y a du progrès. Avec eux l'écho change, n'interpretons pas, "car il est long le temps mais survient le vrai", c'est Holderlïn, magnifique. Je répète "car ils ne peuvent pas tout les dieux et les mortels avant eux atteignent l'abîme ainsi avec eux l'écho change car ils ont le temps mais survient le vrai". Vous trouverez ça dans magnifique poème qui s'appelle mnémosine, mnémosum si vous voulez être prétentieux et le prononcé à la grecque, c'est-à-dire la muse de la mémoire.


40m 21s

Wotan voilà il en train de se plaindre à sa fille qu'il fait jamais ce qu'il veut, c'est embêtant pour le roi des dieux quand même. Jamais ce qu'il veut, il a projeté de faire triompher un guerrier sur un autre, c'est un carnage permanent cette histoire. De même que l'Athéna est toujours sur un champ de bataille, sur un nuage à faire gagner celui là contre celui ci. Athéna c'est la fille de Zeus et là c'est la Walkyrie qui est sa fille de Wotan, c'est sa fille préférée. Tout ce qu'il ne dit pas à sa femme il le dit à cette fille là Alors elle voit qu'il sort d'une scène de ménage avec l'air un peu contrit oh là là ça c'est mal passé avec maman, je blaque pas c'est comme ça dans le texte Il raconte tout ce qui peut pas faire et je vous passe les détails car ces dans quatre jours cette histoire de la tétralogie. Et il termine en disant ce que je veux par dessus tout c'est "das end", la fin, la fin de la pulsion. Quand il condamne sa fille car la Walkyrie c'est une tragédie, il condamne sa fille préférée, je vous le dis, parce qu'elle a désobéi, ça ne ce fait pas de désobéir à papa, surtout quand c'est le roi des dieux, elle a fait triompher le héros qu'il voulait faire triompher mais il pouvait pas le faire parce qu'il fait pas ce qu'il veut alors elle a fait ce qu'elle pensait être sa volonté la plus secrète et il n'a pas supporté pas qu'elle soit dans les délices de l'amour à faire triompher son héros à lui alors qu'il s'en n'empêchait alors il la condamne, il la condamne à dormir c'est maintenant fait la belle au bois dormant, c'est la même mythologie tout ça, à dormir indéfiniment pendant des siècles et des siècles et le premier qui la réveillera la possédera. Pour une vierge guerrière y n'a pas pire humiliation que d'être réveillée par le premier mortel et lui appartenir. Mais lui faire un tel vent au moment de la séparation, c'est une des plus belles scènes de l'histoire de l'opéra. Il y a des longueurs chez Wagner mais quand il y a des sommets sont les sommets de la musique occidentale par moment La fin de la walkyrie n'est pas une fin cataclysmique comme souvent chez Wagner, c'est une fin où il dit à la fin le rideau tombe très lentement, c'est l'endormissement de la Walkyrie.


42m 35s

Elle lui fait un vent, enfin tout de même je suis ta fille préférée, bref toute une séduction et du coup pour atténuer la peine il l'entoure d'un cirque de flamme pour que ce ne soit pas n'importe qui qui franchisse les flammes et la possède. Un peu plus tard ce sera Ziefrid , je ne dit pas la suite. Le seigneur des anneaux joue un peu sur tout ça, mon fils, il avait 12 ans, papa ils ont pété tout Wagner ! parce qu'il écoutait ça petit, mais non mon petit, les américains et les allemands tout ça c'est la même chose. Bon bref das end, oui je termine là dessus ma petite parenthèse wagnérienne, c'est que lorsqu'il l'endort on entend pour la première fois un thème, vous savez que Wagner fonctionne par letmotives, je ne perd jamais mon fils, parce que Wagner est une musique, Boulez l'a vu qui progresse indéfiniment qui revient jamais en arrière c'est ce qu'il y a de plus moderne dans Wagner et pour pallier cette métamorphose permanente qu'on appelle la mélodie infinie mais faut pas faire de métaphysique, c'est en fait mélodie indéfinie qui n'est pas carrée c'est pas PAM PAM PAM PAM, j'adore aussi attention et Wagner adorait Verdi, mais c'est l'inverse quoi, les deux ont produit des chefs d'oeuvre et les deux sont nés la même année 1813 et les deux ont incarné l'unité politique de leur pays, l'Italie et l'Allemagne. Intéressant Verdi et Wagner. À l'enterrement de Verdi il y avait 4 millions de personnes parce que les initiales de son nom faisait Victor-Emmanuel Roi D'Italie. La gauche italienne de l'époque et Garibaldi, les chemises rouges voilà. Mais quand à Wagner il discutait avec Bakounine à Paris sur la révolution ouvrière et le rôle de la femme qui va nous libérer à jamais des malheurs de l'histoire, c'est sérieux, on croit que c'est actuel mais c'est de vieux thèmes, c'est tout le XIXème siècle.


44m 24s

Donc au moment où il l'andort on entend un leitmotiv c'est à dire un thème qu'in a déjà entendu et qui revient , la répétition... Je vous ai dit que ça progresse comme ça Wagner mais ce qui vient contredire ça c'est que de temps en temps on a des thèmes qui se transforment, se morphosent. Baudelaire à trouver le mot impeccable, il a dit "les leitmotivs viennent blasonner le propos musical", vous voyez ? les blasons distinguent chaque famille, permet de se repérer un peu, qui viennet blasonner, et bien quand il l'endort on entend le thème, deux thèmes, le sommeil de la walkyrie ça c'est merveilleux, c'est apaisant, c'est une poitrine qui se soulève et qui s'abaisse comme ça lentement c'est la vie c'est la respiration et puis un autre thème celui dit du sommeil éternel qui est une descente chromatique qui n'arrête pas de descendre jusqu'à l'extinction de toutes les pulsions, ce rideau qui se baisse lentement. En fait c'est la vie qui s'éteint mais tranquillement, la pulsion de mort, Freud, ça dit quelque chose, or d'où lui est venu l'idée, est-ce-que quelques uns s'en rappelle de l'année dernière ? qu'est ce qui l'a mis sur la piste ? Freud n'est pas un prophète qui est inspiré comme ça il y a des choses... pardon ? plus fort non non non c'est bien avancé bien avoir pris connaissance et rudesse et bien non c'est bien avant bien avant bien qu'il dise à nouveau oui oui avant Oui Freud est contemporain du plus grand carnage qu'on avait jamais vu jusque là, vous voyez comme on retrouve notre propos, vous croyez que j'étais en train de m'égarer, quand je fais un détour c'est que je suis au centre.


46m 4s

Donc avant il avait de la clientèle qu'il faisait casquer , l'establishment viennois, la névrose bourgeoise, le truc, le machin, l'hystérie, il y a des époques comme ça avec des maladies psychiques, la maladie à la mode, je ne dis pas ça ironiquement, on peut en souffrir terriblement, c'était l'hystérie, puis après, c'était ma génération, c'était la depression. J'ai l'impression que la votre, c'est une hypothèse, je ne suis pas spécialiste, mais si on me demandait mon avis je dirais que c'est la procrastination, votre génération. Ma thèse... mon mémoire... je les remet à demain ! Donc jusque là il avait l'establishment viennois, une bonne bourgeoisie avec les névroses de madame Malher, de monsieur Rilke, j'ironise pas ce sont d'immenses personnages. Alma Mahler c'était un drôle de numéro, elle l'a trompé avec Berg ! Bon ne soyons pas dans Closer, et voilà qu'après 14 qu'est-ce-qui défile dans son cabinet ? des névroses de guerre, des traumatismes, des blessés. Changement de décor, ce qui frappe Freud, un clinicien, il n'est pas métaphysicien, il n'est pas porté à la spéculation comme ça. C'est après deux milles observations qu'il commence timidement à faire une hypothèse, c'est que tous ces patients ne pouvaient pas s'empêcher de lui raconter à chaque fois la scène du traumatisme. "J'étais dans la tranchée quand la grenade a explosé, j'ai vu les tripes de mon copain" Mais... moi j'ai toujours pensé que ce qui anime le principe d'inconscient c'est le principe de plaisir. Tu parles d'un plaisir ! Ils sont en train de revivre ce qu'il a eu de plus pénible, de plus anti-plaisir dans leur vie et ils reviennent tout le temps.


48m 4s

On répète le traumatisme, première chose qui l'a mis sur la piste, vous voyez qu'on le doit au carnage et quel carnage... je le dis en passant un parce que l'on parle avec raison des camps de concentration de la derrière guerre c'est encore 10 fois plus en nombre de morts mais enfin, elle sert de souvenir écran à la première, surtout pour la France où le nombre de morts a été bien supérieur à la seconde car pendant la seconde il y en avait pas mal qui ont collaboré, la première c'est 14 départements entièrement détruits en France c'est un million trois cent mille morts, c'est épouvantable. Une civilisation qui a fait ça, c'est pas des primitifs, c'est des gens civilisés, raffinés, qui écoutaient Bach Bethoven Wagner Mozart et les débuts du jazz etc oui oui oui. Qui adoraient la peinture même les peintures d'avant-garde et la poésie. C'est eux qui ont fait tout ça. Pour recommencer, rétition, 20 ans après Avant 14, dans les journaux, on vous disait "aura plus de guerre c'est pas possible maintenant ", on l'a fêté il n'y a pas longtemps, commémorée. Dans toute la presse on disait qu'il ne peut pas y avoir de guerre maintenant avec les armes qu'il y a maintenant ce sera destruction toute la planète... déjà. Il n'y avait pas l'arme atomique et on le disait déjà. Il n'y en aura pas disait la presse de l'époque et d'ailleurs c'est vrai que un mois avant le déclenchement de la guerre personne pensait à déclarer la guerre, c'est dangereux. Ce dont le faisais allusion tout à l'heure, ce qui passe en mer de Chine en Ukraine, il y a un moment où on tombe dans ce qu'on appelle une logique de guerre, une espèce de processus que même les politiques peuvent plus arrêter. Faisons en sorte que ce ne soit pas le cas.


49m 54s

Donc ce carnage c'est ça qui l'a mis sur la piste. Deuxième anecdote que Freud raconte, si je peux parler d'anecdotes pour ses récits de pauvres gueules cassées comme on dit en France pour les grands blessés de la guerre de 14. Rien à voir avec le carnage, au contraire : au foyer à Vienne, papa maman et un petit enfant de 5 ans, les amis de freud qu'il fréquente; il a remarqué un curieux manège du gamin, un garçon très attaché à sa maman, particulièrement peut-être parce qu'elle s'absentait souvent. Freud a remarqué, quand et qui habitait chez eux à une époque, que l'enfant faisait toujours le même manège quand sa mère était absente. Il était dans son parc, c'est un peu avant 5 heures bref, il était dans son parc et de son parc il jetait par dessus le parc un de ses jouet, un hochet je crois, qu'il avait attaché à une ficelle, plutôt ses parents l'avait attaché à une ficelle. Il tenait la ficelle d'une main très adroitement il jetait le hochet, en ponctuant le geste d'éloignement du hochet par un son où on reconnaissait le for allemand avec un O prolongé for ça veut dire là-bas. Puis lorsque l'objet était tombé, il prenait le fils et le récupérait comme un pêcheur qui pêche au moulinet, il le récupérait et quand il avait de nouveau sa main il disait DA, DA c'est là. C'est célèbre, dans les sciences psychologique on appelle ça le jeu du for-da : là bas - là. Il constatait n'est ce pas la mélancolie qu'il y avait dans le fort et la jubilation qui avait dans le da, de la part de l'enfant par ses gestes et ses attitudes. Et il répétait ce jeu indéfiniment, quel rapport avec ce qu'on disait ? Freud montre que, en fait, l'enfant souffre énormément de l'absence de la mère et il essayait comme toujours, quand on n'arrive pas à dominer réellement un problème, on le domine magiquement.


52m 14s

Je fais une parenthèse sartrienne, Sartre a fait un petit chef-d'oeuvre, je l'ai critiqué l'autre fois mais lui faut lui rendre hommage il fautêtre honnête, vu ce qui lui ont succédé je donnerait n'importe suoi pour avoir le quart d'un Sartre aujourd'hui mais enfin passons, on fait avec ce qu'on a. Sartre a écrit une petite opuscule, je parle pas de ces gros ouvrages que sont "l'être et le néant" et "la critique de la raison dialectique" qu isont des monuments, mais un petit chef-d'oeuvre qui s'appelle "esquisse d'une théorie des émotions" que je vous recommande c'est pas long, dans lequel il a une très belle théorie, modélisation, de l'évanouissement. Donc je reviens à mon histoire de magie, j'en étais là. Il dit que quand il y a un danger soudain quelque chose qu'on n'a pas prévu auquel on n'est pas préparé, le contraire de l'angoisse, l'angoisse, Freud l'a vu on l'éprouve systématiquement comme un vaccin pour se préparer aux dangers réels quand il surgira, elle devient pathologique quand on souffre plus à s'angoisser que le danger réel. Enfin là, des fois il y a des choses qu'on n'a pas maîtrisé, quelque chose qui surgit au fond d'un bois bref la terreur, l'évanouissement est une manière de retirer son épingle du jeu, d'anéantir le monde extérieur et de se réfugier dans un espèce de néant provisoire, une parenthèse, oui bien sûr ça ne résout pas le problème, ça empêche pas l'assassin de vous liquider mais magiquement ça le résout. C'est ça que j'appelle magique d'un sens là. C'est pas un hasard si la magie joue un rôle si important dans l'enfance de l'humanité, croyez un vieil africain, je vous défie de trouver quelqu'un afrique noire qui croit la notion de mort naturelle. C'est innencaissable la notion qui nous est familière à nous de parler de mort naturelle. C'est trop grave la mort poiur dire que c'est par accident, non c'est qu'il y a eu une vengeance, une malédiction, un sort. Dans l'enfance de l'humanité ou l'enfance individuelle, l'enfant croit à la magie, même encore maintenant moi je vois des voitures qui sourient et d'autres qui font la gueule, vous voyez ? On a tousce petit fond là en nous Comme dit Descartes "pour ce que nous avons tous été enfant avant que d'être homme et qu'il nous a fallu être gouvernée par nos appétits et le précepteur qui souvent n'étaient pas d'accord entre eux" c'est bien Descartes hein ? Qu'est-ce qu'il y a de magique chez l'enfant ? c'est qu'il arrive à dominer l'absence et la présence. FORT, maman va t'on loin et puis il l'a récupère DA ! C'est lui qui maîtrise la présence et l'absence, le jeu de la présence ou l'absence pair impair 0 1 comme vous voulez,ça formalise très bien tous çà. Répétition C'est ça qui a mis Freud sur la voie et l'ensemble tout ces faits.


55m 16s

Voilà que ce long détour par la psychanalyse pour vous dire que j'ai commencé par une donnée plus que bimillénaire n'est ce pas pour arriver à une modélisation du xxème siècle. Donc Ulysse, massacre initial allez soyons sérieux maintenant, résumons bien, massacre initiale le sac de Troie, massacre final celui des prétendants, carnage initial, carnage final. Il nous épargne aucun détail je vous recommande de lire le détail, dans le massacre des prétendants c'est pas moi qui en rajoute, il y en a un qui reçoit la flèche dans l'oeil l'autre on voit des morceaux de ces cervelle par terre et des flaques de sang sur le mur. pressé de revenir à la maison.


56m 11s

Au point que maintenant je creuse la figure d'Ulysse, je me suis dit ah là là, je suis peut-être dans le délire mais je reviendrai après sur ma méthode, comme Freud j'essaie d'être honnête là puisqu'il a été très rigoureux je me base sur des données à partir de là je fais une hypothèse c'est que Ulysse en grec Odyssos en grec, n'est ce pas, la première lettre est l'oméga majuscule vous connaissez le signe oméga, c'est les montres omega vous connaissez la c'est un rond qu'il soit ferme pas tout à fait avec deux petites pattes tout en bas? Ça c'est un cercle non ? mais un cercle avec une petite ouverture, peut-être de cette ouverture on passera de la répétition, le cercle, à la libération je ne sais pas. Je délire exprêt ah oui je délire de manière un peu cohérente, tous les délires, les plus graves sont cohérents, méfiez vous hein c'est pas parce qu'un délire est cohérent que ce n'est pas délire. Mon voisin pense toujours que le pape l'espionne, la parano c'est ça, c'est le truc le plus courant ou que je rêve qu'il y a des filles des gouines au-dessus qui fument du haschich, je l'ai entendu chez des malades à saint-Anne Je connais une vieille qui a changé trois fois d'appartement parce qu'elle disait qu'il y avait des gouines au-dessus qui fumaient du haschich, c'est extraordinaire, obsession comme ça c'est très courant , c'est toujour spareil les délires, mais c'est cohérent, on lui polluait son appartement enfin bref. Oméga, car on n'a pas parlé de l'essentiel, tu exagères tu nous parles de carnage initial et final mais finalement le plus intéressant c'est quand même l'Odyssée elle-même quoi ! Nausicaa Calypso Circée. Oui c'est vrai, je formule l'hypothèse, mais je vous dit que c'est une hypothèse c'est que c'est peut-être pas un hasard si Ulysse n'est pas tellement Si c'est pas de manière d'éluder la répétition, du carnage et de "s'escaper" je fais exprès de faire un barbarisme, puisqu'on parle de l'escapisme en philosophie de l'évasion, celle qui triomphe à partir de la fin du xviiie et du xix qui va donner le romantisme puis le symbolisme puis le surréalismeet encore maintenant n'en parlons pas. Le moderne est celui qui s'évade de la modernité. Donc peut-être que ce grand détour, vous dites que moi je fais des détours mais c'est rien côté d'Ulysse. C'est peut-être pour éviter le carnage, là je ne suis à l'abri je ne suis plus dans l'histoire, je suis plus dans la répétition, dans la nécessité dans le carnage dans les guerres qui reviennent. Non là je vais me trouver une petite nana dans une île... Je vous fait remarquer que dans chaque île il y a une femme, Nausicaa Calipso, Circée et j'en passe. Et à chaque fois il est chassé de ces "stop over" comme disent les agences de voyages, il y en a de moins en moins maintenant avec les billets spéciaux, avant on pouvait faire des stop over avec un tarif plein. On pouvait faire escale au Caire tant qu'on voulait et on reprenait l'avion après maintenant on peut plus, si on change les dates c'est foutu, enfin passons. À chacun de ses top over il est chassé, par le retour du carnage qu'il pensait avoir éludé. Vous savez que Circée dévore ses compagnons ou les transformant pourceaux, le géant Polyphème en massacre les deux tiers oui ou non je n'invente rien ! Je suis dans la lettre du texte. Quand je dit d'Ulysse à Dédale, je ne parle que d'Ulysse, de la répétition à la libération j'ai oublié de dire d'ailleurs, c'est ma faute parce que ça n'a pas été imprimé il faut le préciser : il ya un point d'interrogation, libération par


1h 0m 18s

J' 'ai un ami qui a écrit un petit bijou que je vous recommande "le racisme pro-corse" le racisme anti-corse vous n'avez pas besoin de moi ça, vous écoutez les autonomistes corses ils sont toujours à se plaindre du racisme anti-corse, ,non non non le contraire, ceux qui ont vu "l'affaire corse" peut être le film un peu franchouillard, ceux qui l'on vu se rappellent... qui est le couple de de français d'ailleurs d'expatriés vous voyez le lapsus, oui de continentaux, qui tremblent devant les autonomistes venir leur demander l'impôt révolutionnaire, avant on disait rackett maintenant ça passe mieux en disant impôt révolutionnaire, mais vite ! les polyphonies vont arriver ! mais vite !! les polyphonies corses tout ça... C'est le racisme pro-corse, le sens de l'hospitalité, c'est comme les bretons, c'est des trucs authentiques tout ça. Ils ont tellement peur d'être plastiqué qu'ils développent un discours, fabriquent une identité imaginaire où le corse a toutes les qualités et aucun défaut, c'est fantastique hein ?


1h 1m 29s

Quand même ça m'a titillé cette histoire de... non seulement il y a le carnage initial et carnage final mais il y a tous les petits carnages intermédiaires qui le chassent des évasions, la Corse s'est une île, c'est idéal pour s'évader, d'ailleurs je signale au passage, vous croyez que je suis hors sujet à chaque fois... Les plus grands spécialistes Jacqueline De Romilly, vous connaissez les grands hellénistes contemporains, le nom m'échappe, grand résistant... merci c'est gentil? Jean-Pierre Vernad qui connaît bien mieux que moi toutes ces données là qui est un l'immense helléniste en plus, sont tous d'accord pour dire qu'il y a un seul site de l'Odyssée qui soit géographiquement à peu près identifiable, c'est Bonifacio en Corse. Tu savais ? excusez moi c'est interinsulaire ! Donc bonifacio oui parce que là Homère fait une description, on ne peut pas se tromper, la double lagune on reconnaît, il n'y qu'un grand fjord en Méditerranée c'est Bonifacio, on reconnaît parfaitement à la description et là ils sont d'ailleurs attaqués par une géante qui devait être une de nos ancêtres. Qui ont massacré encore près de la moitié des compagnons d'Ulysse, quand il reviens il est tout seul, seul survivant de tout ce carnage quand il revient est à Ithaque. Donc je fais cette hypothèse que je vais répéter : le grand détour de la boucle de l'Omega, serait due à une tentative quasi désespérée d'Ulysse pour échapper à la répétition du carnage, autrement dit les deux pôles qui sont deux "I", je suis dans le délire, Ithaque, Illion, c'est le nom grec de Troie, Ilion et Ithaque de I à I, il y a epsilon, ce petit trou. Et oui parce que ce trou suffirait d'un pas et hop on l'a franchi, non ! parce que ce serait réitérer le carnage et je viens à peine d'en sortir après le sac de Troie. Donc vers les îles fortunées les îles bienheureuses la Méditerrannée en est pleines, tu parles et on en est chassé à chaque fois.


1h 3m 50s

Je pense à Sénèque, je passe pas du coq à l'âne à qui un ami avait écrit je suis dans le monde romain c'est bien après tout ça Sénèque est un grand voyageur, un ami lui avait écrit et maintenant je vais aller en Libye , très fertile à l'époque, l'un des greniers à blé, c'était beaucoup moins sec que maintenant, la terre se dessèche depuis à peu près douze mille ans et les peintures de caïmans, caïman par tradition, il n'y a pas de caïmans en Afrique c'est les crocodiles, passons et d'hippopotames en plein désert du Sahara, des gravures rupestres, le Sahara était beaucoup plus humide, Passons il lui dit où il va et Sénèque lui répond cette phrase admirable, vous allez voir tout de suite le rapport avec mon histoire de voyage et d'évasion en échec descapsime déjoué ou dépisté. Sénèque lui réponds "tu peux aller où tu veux où que tu ailles la distance aux enfers est toujours la même" Pas mal hein ? pas en enfer, c'est pas le monde chrétien, c'est le monde qui est après la mort, la distance aux enfers est toujours la même. Voilà donc tout de même ça fait beaucoup de choses troublantes alors vous pouvez ne pas me suivre avec le I I, je joue un peu, ça me trouble un peu. Il y a tout un chapitre de Lacan dans les écrits qui s'appelle "l'instance de la lettre dans l'inconscient" quand même, c'est pas du mot ni de la phrase mais de la lettre Le W évité chez dans le... vous savez qu'il y a cinq grandes psychanalyses Freud, c'est le titre d'un de ses ouvrages, la plupart du temps il fait des allusions, de petites anecdotes comme ça, il donne pas les noms bien sûr et puis il n'y en a que 5 où l'on suit vraiment depuis le début de longues cures sur des années : "l'homme aux loups" "l'homme au rat", quel bestiaire. Le petit Hans, où le cheval joue un rôle essentiel. Le cas Dora, c'est un échec de Freud qu'il avoue, et puis le président Shreber, pardons de rire celui-là on en reparlera une fois. Dans l'homme au loup, il veut dire que qu'il a vu dans son rêve une guêpe avec ses ailes faire comme çà... je vous passe les détails et au lieu de dire le mot allemand pour guèpe weste w.e.s.p.e il dit espe, il castre le W, castre le mot, le coupe de son w initial et lui-même le patient dit quand Freud lui demande pourquoi vous avez oublié cette lettre ? parce que c'est les oreilles du loup renversé... deux oreilles renversées c'est le W. Le V de Father. Allez je m'arrête là.


1h 6m 43s

Bon je vous ai déjà dit une fois que la seule différence entre la poésie et la mathématique c'est que la poésie est une science exacte, Thomas doit en avoir marre que je répète cela mais il sait que c'est un hommage aux mathématiques, qui sont beaucoup plus souples que l'exactitude à laquelle parfois on veut la réduire même si elle est très exacte. Voilà mais pas toujours autant que la poésie qui est peut-être plus répétitive. Avec Dadale, je passe à un tout autre champ, Ulysse c'est les Atrides, c'est par cycles chez les grecs, le cycle des atrides parce qu'Atride c'est l'ancêtre de la famille d'Agamemnon, les Atrides. À Thèbe c'est les Labdacides, Labdacos qui est l'ancêtre de d'OEdipe, d'Antigone... toute cette engeance maudite "Thèbe par Thèbe et Tirésias le sol va m'être trop nu". Et puis là c'est le cycle crétois, des plus troublants, je m'attarde pas parce qu'on a vu pas mal l'année dernière avec le Phèdre de Racine - la Phèdre, le Phèdre c'est dans Platon. Et enfin je rappelle quand même que la Crête si vous regardez la carte fait un trait d'union, c'est encore le délire un peu... cette fois c'est un délire non pas sur des lettres mais sur la forme de la carte, c' est un espèce de petit segment, segment de droite la Crête hein ? Et ben ce ce trait d'union sert à relier l'Asie Mineure et la Grèce, je suis sérieux, je sais pas si c'est vrai géographiquement mais historiquement c'est sûr. parce que en histoire vous commencez par l'Egypte Babylone etc, les plus anciennes civilisations de l'écriture et puis vous passez à la Grèce, entre les deux il y a un passage intermédiaire qu'on appelle les phéniciens, les crétois les phéniciens, les deux civilisations intermédiaires chronologiquement puisque l'on là on est dans la civilisation minoenne celle de Crète, la fille de Minos et de Pasiphaé, l'affaire minoenne c'est quand même entre 1300 et 500 ans avant Jésus Christ, c'est quand même plus vieux que l'on sait de l'histoire grecque. Et c'est un intermédiaire dans tous les sens, c'est à dire que même au niveau esthétique, vous avez les statuts crétoises qui ressentent encore un peu de la raideur égyptienne, les cheveux ressemblent aux cheveux pharaoniques, derrière il y a une jambe qui part devant un peu raide comme ça, c'est pas le déhanché grecque, c'est pas péjoratif quand je dit raide, il y a une puissance de mystère dans l'art égyptien qu'il n'y a pas dans l'art grec attention chacun ses atouts. Une jambe avancée comme ça les bras collés au corps, le dieu qui terrifie la créature. Donc les Kouros, les jeunes hommes crétois qui représente les divinités, ont un petit côté égyptien dans la posture, dans leur lmorphologie générale, mais par contre


1h 10m

il y un petit détail qui fait qui les distinguent déjà et qui annonce la Grèce c'est qu'ils sourient. Et même je crois que je l'avais signalé avec vous, on a trouvé dans les mosaïques, les admirables mosaïque crétoise qui fourmillent de ravissantes nanas brunes avec des cheveux bouclés maquillées comme c'est pas possible; et parmi eux il y en a une qui est tellement coquette avec un maquillage tellement brillant qu'on l'appelle, tout le monde archéologique, la parisienne ! ça c'est Paris ! Une vraie pub de cosmétiques à elle toute seule. ça c'est pas egyptien, il y a des coquettes aussi, mais dans la représentation de l'art égyptien c'est plus hiératique et plus solennelle, plus sérieux. Voilà donc la Crête est intermédiaire dans tous les sens et surtout, plus sérieux et viennent d'emprunter au phénicien, le libanais d'aujourd'hui.


1h 10m 57s

Vous voyez que le miracle grec ne tombe pas du ciel on revient monde arabe et à l'Orient , au monde sémite si vous préférez, les Arabes n'existent pas encore et encore j'y reviendrai, ils empreintent peut-être la plus grande création de l'orient arabe historiquement, laquelle ? plus grande invention, pardon ? pas l'écriture ça oui c'est vrai que l'écriture apparaît dans le monde sémite mais mais chez les chinois à peu près au même moment avec des modes d'expressions différentes mais c'est vrai ils sont bien placés, mais un mode d'écriture on y est presque : l'alphabet. Vous vous rendez compte si on n'avait pas eu l'alphabet on n'en serait pas là. Vous connaissez des grands mathématiciens romains ? Il n'y en a pas UN ! Comment vous voulez vous être un mathématicien avec les chiffres romains, c'est trop empirique, je fais une critique du visuel au passage, pour l'oeil c'est bien hein ? 1 c'est un bâton, 2 c'est deux bâtons, à partir de là on s'embrouille, on commence avec des lettres, comment voulez vous écrire de très grand nombre avec ça, ce n'est pas possible. Qu'est ce qu'ils font les Arabes ? ils expriment les nombres par des cifrés. De là le mot chiffre, c'est un mot arabe. 10 chiffres de 0 à 9 et avec cela on peut exprimer tous les nombres. la libération l alphabet c'est ça pour l'écriture toutes les idées avec 23 signes, celà dépend des langues.


1h 12m 33s

la libération l alphabet c'est ça pour l'écriture toutes les idées avec 23 signes, celà dépend des langues vous vous rendez compte de progrès je vous racontais une annexe de patrimoine ce commentaire un peu de crue mais comme disait freud dans ses conférences aux états unis il n'y a pas de science à 12 août défini réservé aux seuls dauphins donc c'est une blague ces deux petits égyptien de la troisième dynastie ve qui est en train de faire une dictée avec un scribe un rescrit dit un jour le pharaon vie un garçon est donc un garçon ça s'écrit avec une couille ou deux l'écriture figurative sera pas loin et pas abstrait re déjà le langage en général depuis la nuit des temps bien avant l'écriture est une puissance abstraction fabuleuse cas sur la maîtrise de l'homme sur le monde du vin qui exprime une grande partie de sa maîtrise de l'homme sur le monde dieu donna dans le privilège de nommer les créatures rendez compte qu'en boutique toi tu es un micro toiture une plante pas de discussion - il faut pas me contredire un nom mais c'est important c'est important parce que je vous parle de votre liberté si je vous demande qu'est ce qu'une table j'aime bien lire cinq musées africains parce qu'ils étaient un peu déçus au début en philo et s'imaginer qu'un film on allait parler enfin du rouge profond d'elle après la mort dieu la ville était en est témoin jordi t'appelle qu'une table chute par marron j'adorais aux élèves comme ça c'est nouveau ça que je fais une petite parenthèse une fois je faisais une course sur oxo c'était un français sans la littérature d'ailleurs tu parles fut bref et si c'était interminable et alors donc des rangs garçons c'est en côte d'ivoire et je fais des citations de ressources et reçoivent bien des fois surtout dans ses premières oeuvres l'une des grandes antithèse l'obéissance à la loi concept inscrits par dont l'impulsion de seul appétit et esclavage l'obéissance à la loi concept respect des libertés il ya plein de trucs comme ça je reçois un peu à la corneille est monté sur le fait qu'il aspire à descendre ça c'est quand même ça d utiliser être l'antithèse figure de style et toute la classe de l'amour un petit sport le bouquin prof très heureux de même gêné merci pour lui et après il se sert la main entre rude sur le banc mais jean jacques kas est un patron un c'est une classe de rêve je vais sérieux je prendrais de me moquer et si je prend l'accent c'est parce que ça me manque c'est pas l'afrique qu'il manquait à mon coeur s'en fout ça fait pas mieux ces africains parce que il vit ils ont vécu une de tels bouleversements moi je suis de la génération n'est pas saturé indépendance et tout ça brille et qu'ils étaient extraordinairement motivée par la philosophie alors il avait un petit handicap de niveau de langue au début mais c'est pas parce que tu n'as stick linguistique la langue maternelle de l'ethnie à la langue régionale comme le barrage parlais tout à l'heure le loup l'appui aux français quelle langue officielle et scolaires quelle gymnastique linguistique avant d'arriver à l'école


1h 13m
Je vais vous raconter une anecdote un peu grivoise mais un peu crue, comme disait Freud dans ses conférences aux états unis il n'y a pas de science réservé uniquement aux seul dauphin. C'est donc une blague, deux petits d'égyptiens de la troisième dynastie sont en train de faire une dictée avec un scribe, le scribe dicte "le pharaon", les garçons gravent leurs tablettes, "vit une garçon",  un des deux garçons demande à son voisin : "garçon, ça s'écrit avec une couille ou deux ?".

1h 21m 30s
les crétois et les phéniciens sont des intermédiaires oui j'insiste parce que c'est mon sujet, c'est la répétition et avec la Grèce on a cru qu'on était libérés de l'OrientVous voyez l', elle commence en Orient, en Orient jusqu'en Chine, ça c'est le matin, jusqu'au midi, à miditemps suspendu à midi, on est au dessus de Delphes comme disaient les grecsLes grecs disait que Delphes est le nombril du monde, eh bien le milieu, le midi, puis après on décline, après on meurt. Je tue, je le répète, occident, je ne plaisante pas, veut dire occire. Nous sommes au pays de la mort littéralement, occident veut dire "au pays de la mort" ça ne s'invente pas, je traduis le mot littéralement

Références

  • Hegel/

1h 26m 28s
Dédalle, je rappelle un peu son histoire, c'est un peu moins connu que UlysseDonc qu'est-ce qui s'est passé ? ce n'est pas tout à fait du carnage mais c'est du monstrueux.  La maman de Phèdre et d'Argane va s'amourachée avec un taureau,  tout arrive dans la mythologie ! Mais un taureau, ça ne se fait pas dans l'esthétique grecque, parce qu'alors le rejeton ne pourrait pas avoir la tronche de l'Apollon du Belvédère, vous vous en doutez, c'est un corps humain avec une tête de taureau, encore un corps animal et une humanité qui essaye de se dégager de ce corps, de se dégager de l'animalité, ce que nous continuons à faire depuis des millions d'années, nous n'en aurons jamais fini de nous dégager de l'animalitél' grecque est celle de la mesure, de l'équilibre et de l'harmonie, ce n'est pas celle du difforme et du monstrueux. Au contraire, dès qu'il y a l'embryon de quelque chose qui est démesuré c'est l', c'est de là que vient le mot hybride ce qui est monstrueux ce qui est une hybride, c'est ceux qui transgressent la métrone, la mesure qui est la clé de la culture grecque, le contraire de la nôtre,  je veux dire moderne, chrétiens, européens, occidentaux, la Grèce ce n'est pas l'occident , c'est le midi la métrone. Vous voyez le minaret, c'est pour les gens de la transcendance, pour l'islam comme pour le christianisme le minaret, le clocher de l'église, tout ça va vers l'infini aussi haut que l'on peut, autant que les architectes le peuvent.

Références

  • Nerval (Gérard de)/ Voyage en Orient
  • Racine/ Phèdre

1h 36m 38s
Je vais faire une petite parenthèse sur Nerval car quand je parle de Nerval je ne peux pas m'arrêter mais je vais essayer quand même.C'est un esclave qui est toujours chargée de faire le travail. Dédale, il est devenu tellement célèbre qu'on en oublie que ce fut une personneVous savez que Oedipe a trouvéla réponse à la vieille figure orientale du Sphinx, la réponse c'est l'homme et le sphinx a disparu.Et bien c'est l'homme. Il faut aller au delà de l'anecdote, les grecs savaient que la réponse aux questions métaphysiques ou religieuses sont d'ordre anthropologique. L', le dit Sophocle

Références

  • Nerval (Gérard de)/
  • Sophocle/

1h 39m 8s
Donc Ulysse l'ingénieux, celui qui ruse, qui va amener le carnage : le cheval, le déguisement, l'arc que personne ne peut bander sauf lui. Dédale, je fais une symétrie (asymétrique), ce n'est pas l'ingénieux mais c'est l'ingénieur, il ne se contente pas de ruser dans la tête, il ruse dans le réel, il est technicien, il est ingénieur, il transforme le réel.une des ces trois puissances dont parle Hegel, je les donne dans l'ordre, dans son texte c'est un la mémoire, pas  étonnant parce que l'esprit sans mémoire... puis de deux le langage et alors le troisième, c'est là que c'est inattendu, pour la première fois dans l'histoire de la pensée nous sommes au début du 19e siècle, il vient d'y avoir la révolution industrielle anglaise et la révolution politique française, nous sommes dans la modernité, révolution économique anglaise révolution politique en France, bref les grands craquements qui font vous et moi;  nous sommes encore dans ces craquements et le troisième terme vous le connaissez : c'est l'outi. Vous connaissez des philosophes qui disent qu' il n'y aurait jamais eu d'esprit sans outil ? On n'est pas loin de Marx, on n'est pas loin de ce que l'on appellera plus tard les "forces productives".

Références

  • Hegel/
  • Lévy-Strauss/
  • Marx/

1h 47m 8s
la libération à laquelle je fais allusion c'est celle qui offre une possibilité de se libérer de la fatalité du retour du carnage