Dominique Pagani

Ateliers de philosophie

Spirale d'Archimède

Séance #6.1

La logique du sujet face à la reconstruction du nazisme

octobre 2019 - Centre René Goscinny

Séance #6.1

Introduction

Au delà de la mise en question de la philosophie critique à laquelle procède ici Hegel (lire ci-dessous dans Hegel/Phénoménologie de l'Esprit/Introduction), son argumentaire d'une "peur de la vérité", préfiguration saisissante des avancées théoriques les plus décisives de la modernité (du concept générique d' "Idéologie", chez Marx , et, des notions de “censure” et/ou “refoulement”, chez Freud), est aujourd'hui d'autant plus salubre, que la dominance idéologique capitaliste de nos sociétés civiles tire toute sa force répressive d'une vulgate sceptico-relativiste, qui CENSURE, implacablement, toute prise en compte de l'intérêt général comme ”universel concret ” pratique (“Volonté générale, République, secteur public, universalité de la valeur, humanisme transculturaliste etc..).

En totale opposition avec cette mutuelle reconnaissance, celle de la véritable universalité qui n’exige le sacrifice d’aucune différence spécifiante, la “société civile” du Kapital, promeut plutôt le cancer des identités onto-sociétales natalo-naturalistes, (la couleur, le “genre” etc…), pour mieux perpétuer la guerre civile chez les dominés.

La vogue des "sciences cognitives", (le syntagme est lui-même tautologique !) illustre à titre emblématique ce confinement de l'indispensable rigueur scientifique aux seuls objets, les sujets étant expulsés dans le champ de l'opinion; ou bien, ce qui revient au même, livrés au babel idéologique des sciences molles, voire déliquescentes. En bref, il s’agit d’assigner les objets au labo, et, vous, comme moi... aux ponts aux ânes doxiques des "mille plateaux" médiatiques et autre Café du commerce !

En sorte qu'il n'y ait jamais rien à apprendre sur les "quelqu'un", mais seulement sur les "quelque chose".

« Cependant, si la crainte de tomber dans l’erreur introduit une méfiance dans la science, science qui sans ces scrupules se met d’elle-même à l’œuvre et connaît effectivement, on ne voit pas pourquoi, inversement, on ne doit pas introduire une méfiance à l’égard de cette méfiance, et pourquoi on ne doit pas craindre que cette crainte de se tromper ne soit déjà l’erreur même. En fait, cette crainte présuppose quelque chose, elle présuppose même beaucoup comme vérité, et elle fait reposer ses scrupules et ses déductions sur cette base qu’il faudrait d’abord elle-même examiner pour savoir si elle est la vérité. Elle présuppose précisément des représentations de la connaissance comme d’un instrument et d’un milieu, elle présuppose aussi une différence entre nous-même et cette connaissance ; surtout, elle présuppose que l’absolu se trouve d’un côté, et elle présuppose que la connaissance se trouvant d’un autre côté, pour soi et séparée de l’absolu, est pourtant quelque chose de réel. En d’autres termes, elle présuppose que la connaissance, laquelle étant en dehors de l’absolu, est certainement aussi en dehors de la vérité, est pourtant encore véridique, admission par laquelle ce qui se nomme crainte de l’erreur se fait plutôt soi-même connaître comme crainte de la vérité. »

(Hegel/Phénoménologie de l’esprit/Introduction/PP 66,67.Trad.J.Hyppolite)) 

5m

Forfaiture qui vient de s'accomplir au Parlement Européen : la résolution qui met sur le même pied le nazisme et le stalinisme.

Thomas Mann à SAUVER L'HONNEUR de l'intelligencia allemande :

« Placer sur le même plan moral le communisme russe et le nazi-fascisme, en tant que tous les deux seraient totalitaires, est dans le meilleur des cas de la superficialité, dans le pire c’est du fascisme. Ceux qui insistent sur cette équivalence peuvent bien se targuer d’être démocrates, en vérité, et au fond de leur cœur, ils sont déjà fascistes ; et à coup sûr ils ne combattront le fascisme qu’en apparence et de façon non sincère, mais réserveront toute leur haine au communisme. »

Thomas Mann « Deutsche Hörer » 24/10/1942 BBC

 Pour la misère politique le pouvoir ne peut pas se tromper.

Références

  • Mann (Thomas)/

13m 23s

Platon - le plus grand artiste de la pensée - aristocrate à la carrière toute tracée, vistime d'un traumatisme politique par la condamnation de son maître Socrate.

(...) et c'est ainsi qu'alors j'avais encore les yeux tournés vers la politique j'ai été comme contraint de m'adonner à la philosophie.

 

Références

  • Platon/ 7ème lettre

17m 19s

100.000 soviétiques morts pour libérer Weimar.

Bien que les communistes n'aient pas le monopole de la résistance, ils sont les seuls à ne pas voter les pleins pouvoirs à Pétain.

Le totalitarisme ?

Les millions de morts qui nous ont débarrassé du nazisme méritent-ils d'être comparés à un Bruno Müller ?

L'ennemi du nazisme : le judéo-bolchevisme.


23m 30s

Lecture du poème d'Aragon écrite à Dieulefit pendant la guerre.

La paysan de Paris par Aragon.


38m 10s

Du sujet enfin en question

 Lacan /Discours de Rome (1956) / Fonction et champ de la parole et du langage. Sa lecture facilitera la compréhension du séminaire de cette année sur la logique du sujet.

Métaphore du sujet : le projecteur peut tout éclairer, sauf lui-même à moins qu'il ne soit face à un mirroir : le sujet suppose donc la réflexion.


42m 17s

Le sujet à l'école primaire : QUI-EST-CE-QUI.

Avant de signifier quelque chose toute parole signifie pour quelqu'un

Lacan

Mais alors comment comprendre : "le vent secoue les arbres." ?

Détour : la génération romantique a un culte de l'automne (la fête des morts). => le mal du siècle.

C'est le langage qu'on doit le moins oublier dans la logique

 Hegel / La grande Logique/ Préface à la seconde édition

Références

  • Chateaubriand/ René
  • Hegel/ La grande Logique/ Préface à la seconde édition
  • Rousseau/ La fête des vendanges
  • Sénancourt/
  • Wittgenstein/

50m 50s

Pour la logique formelle, la seule logique est celle qui règne pour les objets, il n'y a pas de logique du sujet.

"Le vent secoue les arbres". Qui est-ce-qui ? Le vent ? Pour le christianisme, il n'y a plus de nymphe... mais H2O ! "Mon Royaume n'est pas de ce Monde" dit le Christ. Si la langue personnifie des objets c'est qu'elle est ancienne.

La langue sait plus de choses que nous que nous d'elle.